Lundi 7 avril 2008
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12:49
À défaut de pouvoir nous faire des toiles aussi souvent qu'auparavant (pour ma part, 126 films vus au ciné en 2006 ; 28 vus en 2007 ; et pour l'instant 0 en 2008 !), mais toujours inconditionnels
de cinéma, nous avons opté pour l'option "home cinema" et regardons désormais des dvd sur notre grand écran maison. Bien-sûr, côté "actu dans les salles", on est à la rue. Mais si vous vous
demandez quoi louer au videoclub du coin (ou en vod), alors là on peut vous intéresser.
Parmi les dernières bonnes séances, il y a eu notamment "Un coeur invaincu", de Michael Winterbottom, "2 days in Paris" de Julie Delpy (deux
films dont je tâcherai de reparler), "Qui m'aime me suive", de Benoît Cohen, et même le dernier Spiderman, qui personnellement m'a tout à fait
convaincue, et ce contre toute attente.
Mais là, c'est d'un petit film anglais, CASHBACK, premier film de Sean Ellis, dont je voudrais vous
vanter les mérites.
L'histoire : Ben, un étudiant aux Beaux-Arts fasciné par la beauté du corps féminin, se fait plaquer par sa copine et en perd totalement le sommeil. Pour occuper ses longues nuits d'insomnie, il
se fait embaucher dans un supermarché ouvert 24h sur 24. Il y rencontre des collègues sympathiques, un brin déjantés, qui ont chacun trouvé des trucs pour tromper l'ennui pendant les
longues heures de travail. Quant à Ben, il se découvre le talent d'arrêter le temps...
Fort d'une mise en scène truffée de petits effets de style, d'un récit frais et dynamique, de personnages hauts en couleurs et de saynettes souvent drôles, toujours savoureuses,
Cashback est réel plaisir de visionnage. Sans être prétentieux, ce petit film est bourré d'astuce et de bonnes idées ; Sean Ellis nous embarque dans son histoire, dans
son esthétisme, sa poésie, son humour... et son film nous séduit à coup sûr.
Par Sophie
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Publié dans : DVD
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Dimanche 6 avril 2008
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13:47
Pour la reprise, plusieurs solutions étaient possibles. Tellement de choses vues, écoutées ou lues auraient pu être le sujet d'un article. Finalement, mon choix
s'est dirigé vers l'actualité, et plus précisément vers ma grosse claque musicale du moment. Et contre toute attente, ce n'est pas du nouvel album des Kills dont je vais vous parler, même s'il peut
tout à fait faire l'objet d'un prochain article. Je vais plutôt vous parler du nouvel album de Silver Mt.
Zion, 13 Blues For Thirteen Moons.
Silver Mt. Zion, pour ceux qui ne connaissent pas, est avec Godspeed You Black Emperor un des piliers de Constellation, label canadien plutôt spécialisé dans ce que l'on appelle communément le
post-rock. Ce terme étant tellement vaste, il est utile de préciser qu'il désigne ici des morceaux particulièrement longs, tout en progression.
13 Blues For Thirteen Moons démarre par 12 morceaux oscillant entre 4 et 11 secondes, tous liés par le même son de guitare saturée. Au treizième morceau, 1,000,000 Died To Make This
Sound, on rentre dans le vif du sujet : quatre morceaux, tous d'une durée moyenne d'1/4h, mais qui sont également quatre voyages, quatre trips. Chacun d'eux possède une densité incroyable, une
variété, une richesse qui laissent pantois. Des guitares omniprésentes, une batterie surpuissante, une foule d'instruments qui s'ajoutent, apportant une intensité exceptionnelle. Et par dessus tout
ça, on a ce chant scandé, destructuré, à mi-chemin entre Robert Smith et Damon Albarn. Chaque morceau marque durablement et demande une multitude d'écoutes attentives avant de commencer à espérer
en épuiser la richesse, si cela s'avère possible.
Ce nouvel album de Silver Mt. Zion est donc une véritable odyssée. Variété des ambiances, des sons, des rythmes, cet album ne laissera personne indemne.
Par JC
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Publié dans : Musique
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Dimanche 6 avril 2008
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11:50
Chers lecteurs et amis,
À vous qui nous suivez et avez été peut-être déçus de l'arrêt de notre blog (aucun article publié depuis le 18 décembre 2007 !), nous vous en annonçons dès aujourd'hui la reprise ! La
raison de cette longue interruption, vous la connaissez dans doute déjà. La voici :
En effet, le 26 janvier 2008 nous sommes devenus des parents ; et cette petite demoiselle (notre enfant !), qui a complètement chamboulé nos vies, qui nous a fait prendre pleinement conscience du
mot amour, nous occupe à plein temps. Difficile donc de s'investir autant qu'avant dans Ludikultus... Nous nous sommes sérieusement interrogés sur le bien-fondé de poursuivre cette aventure... et finalement, on tente
le coup ! On ne vous promet pas des articles très fréquents, ou aussi étayés qu'avant, mais on essaiera de maintenir une certaine régularité, afin que ce blog demeure dynamique, vivant.
À bientôt, donc !
Sophie et JC
Par So and JC
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Mardi 18 décembre 2007
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20:32
J'avais découvert Fabcaro avec un album tout simplement réjouissant : Le steack haché de Damoclès. Derrière ce titre bizarre se cachait un album incroyable de justesse et de drôlerie sur les petites lâchetés de chacun. A travers ses propres problèmes de communication et d'affirmation de soi, Fabcaro dressait un portrait où chacun pouvait se retrouver. Alors forcément, je me suis précipité sur son nouvel opus autobiographique : Droit dans le mûr Avec ce nouvel album, dont on pourra encore une fois remarquer la pertinence d'un titre particulièrement bien trouvé, on retrouve un Fabcaro là où on l'avait laissé. Après une brillante et toujours hilarante séquence faisant écho à l'après-Steack haché... et nous expliquant les conséquences dans la vie privée d'un album à caractère autobiographique, Fabcaro rempile pour un autre sujet imposant : le passage à l'âge adulte.Bien sûr, on retrouve le Fabcaro que l'on a appris à connaître, toujours prisonnier de ses petites lâchetés et tellement proche de nous. Mais ici, il se concentre plus sur ses nouvelles obligations d'adulte et cela fait toujours mouche. Chacun pourra se retrouver dans une ou plusieurs scènes où il nous parle avec tant de justesse de nos convictions passées que l'on doit trahir, du manque de liberté que l'on peut parfois ressentir, du glissement progressif du tutoiement au vouvoiement à notre égard, bref de tous ces petits détails, ces petites questions, qui deviennent notre quotidien au moment de dire au revoir à notre jeunesse.De nouveau, Fabcaro pointe du doigt nos propres peurs, nos propres interrogations, avec la justesse et l'humour qui le caractérisent. On se retrouve parfois tellement en lui et sa vision est telle que l'on se retrouve à rire non pas de lui, mais de nous. Et ça, c'est le vrai tour de force de cet album.Droit dans le mûr est donc particulièrement réjouissant, hilarant, et chacun se trouvant à cette époque charnière de sa vie se devrait de le lire.
Par JC
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Publié dans : BD
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Lundi 10 décembre 2007
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19:50
Gerry, de Gus Van Sant, tourné en 2002 mais sorti dans les salles françaises en 2004, est sans conteste l'un de mes films préférés. C'est à mon sens un véritable chef d'oeuvre, une réalisation sans la moindre fausse note, un pur délice cinématographique. Si l'on me demandait de citer mes dix films favoris de tous les temps (liste certes bien difficile à établir, hormis quelques titres évidents -la trilogie du Seigneur des Anneaux, Le Bon, La Brute et le Truand, ou la trilogie du Parrain, par exemple...), pour sûr je citerai Gerry.
L'histoire de ce film-bijou est incroyablement simple. Deux jeunes hommes, Gerry et Gerry, partent faire une balade aux alentours de Death Valley, et se perdent.
Le scénario tient en une phrase ; le casting est également restreint, puisque le film ne compte que deux acteurs : Matt Damon (que Gus Van Sant avait déjà dirigé dans Will Hunting) et Casey Affleck (que Van Sant avait choisi pour Prête à Tout, et qui a récemment partagé l'affiche de L'assassinat de Jesse James... avec Brad Pitt).
Ces deux-là ont d'ailleurs fait bien plus qu'interpréter les deux Gerry : ils ont co-produit, co-monté le film et co-écrit le scénario avec Gus Van Sant au fur et à mesure du tournage. Le résultat, c'est que leur implication dans l'aventure a été plus forte que tout, et que Gerry est tout autant leur mouture que celle de Van Sant.
Gerry est un film riche, très riche, et ce malgré son scénario apparemment simple, son casting réduit, son petit budget de réalisation ou sa durée relativement courte (99 minutes) :
D'abord, Gerry est un fabuleux voyage esthétique. La beauté absolue des paysages donne un plaisir infini au spectateur. Comme c'est beau ! Mais beau ! Chaque plan-séquence, chaque cadre choisi est vraiment sublime. Les paysages argentins et américains (Californie, Utah), où le tournage s'est effectué, nous sidèrent par leur grandeur, leur splendeur, leur pureté.
Ensuite, Gerry est un voyage initiatique, pour les personnages comme pour le spectateur, qui est invité à déambuler lui-même dans une nature inconnue, superbe mais hostile car décidément trop silencieuse et dépeuplée, à la recherche du chemin qui le ramènera à la civilisation, à l'ordinaire, à la vie.
Gerry est aussi un voyage sensoriel. C'est un film d'imprégnation : le spectateur s'imbibe des images comme des sons. En effet, le sonore est tout autant travaillé que le visuel, et participe donc à l'immersion du spectateur. Par exemple, les voix des deux personnages et le bruit de leurs pas, seules manifestations humaines dans cette nature déserte, résonnent étrangement...
De même, la bande originale signée Arvö Part (compositeur qui a notamment composé les musiques de Japòn, de Carlos Reygadas, celle de Little Odessa, de James Gray, de La Chambre des Officiers, de François Dupeyron, ...), faite de mélodies troublantes, glissantes, très belles, participe elle aussi à l'ambiance générale du film.
Gerry est également un voyage métaphysique. Ce film, qui montre des personnages banals confrontés à la faim, la soif, la chaleur et la solitude, des personnages sans ressource, perdus au beau milieu d'une nature labyrinthique dont on ne voit pas le bout, qui souffrent et luttent pour leur survie, nous amène à nous confronter nous-mêmes à l'expérience de l'espace, du vide et de la solitude.
Et puis, Gerry est un film à plusieurs niveaux de compréhension. Car enfin, qui sont ces deux Gerry ? Deux amis, deux frères, deux amants ? Ou bien une seule et même personne ?
Si l'on part du postulat qu'il ne s'agit en fait que d'un unique personnage, et du double regard qu'il porte sur lui-même, cela ouvre de formidables perspectives de réflexion : cette promenade qui tourne mal est-elle réelle ou s'agit-il de la métaphore d'un cheminement, d'une interrogation intérieures ? S'agit-il de se perdre afin de mieux se trouver soi-même, savoir qui l'on est, qui l'on choisit d'être ?
Enfin, Gerry, film expérimental, ovni génial, est bien-sûr un vrai film dramatique. La tension monte au fur et à mesure du temps qui s'écoule, impassible ; la nature grandiose se révèle être un danger terrible. La lumière d'abord rassurante devient peu à peu accablante. L'énergie et la jeunesse des deux personnages se muent peu à peu en une lassitude désespérée. La menace est réelle, la mort rôde.
Ce film nous offre également l'un des plans-séquences les plus beaux de l'histoire du cinéma. D'une durée d'environ six minutes, il nous montre les deux protagonistes, marchant sur un lac salé, l'un derrière l'autre, tels des zombies, tandis que le jour se lève peu à peu, que l'obscurité fraîche laisse place à une lumière aveuglante, brûlante. On entend, assourdis, les pas des deux personnages... tout cela produit un effet hallucinatoire sur le spectateur.
Ce plan-séquence, mes amis, est d'une perfection proprement indescriptible. Du pur régal, vous dis-je.
Pour finir cet article, un mot au sujet du DVD, paru chez MK2 éditions.
Dans les bonus se trouve une interview très instructive de Serge Kaganski
(critique ciné des Inrocks que je ne porte habituellement pas dans mon coeur, mais qui est loin d'être inintéressant) : il donne certains éclairages sur la genèse du film et des pistes sur ses possibles interprétations.
Pour les fans de Gus Van Sant, Kaganski évoque également les analogies qui existent entre Gerry et Elephant...
Notamment la structure labyrinthique des deux films, où l'on voit des jeunes personnages errer dans un espace donné...
Des plans montrant le mouvement des nuages dans ciel, en accéléré, qui peuvent rappeler l'insignifiance des destins humains face au défilement du temps...
Ou encore un clin d'oeil de taille : dans Elephant, on voit, à un moment donné, l'un des deux tueurs chez lui, devant son écran, en train de jouer à un jeu vidéo. Ce jeu vidéo est un "shoot'em all" (un jeu où l'on dirige le viseur d'une arme et où l'on doit abattre les ennemis qui apparaissent à l'écran), dans lequel on voit deux personnages marcher dans un désert blanc... L'un de ces deux personnages a un tee-shirt noir orné d'une étoile jaune... Comme Casey Affleck dans Gerry !
Allez, n'hésitez plus, et si ce n'est déjà fait, partez donc à la découverte de ce film unique, envoûtant, sublime. Du grand, très grand cinéma.
Par Sophie
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Publié dans : DVD
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Vendredi 7 décembre 2007
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18:13
Que de bonnes et belles surprises en voyant la sélection du prochain festival d'Angoulème !
Enfin, des surprises, pas tant que ça : nombre de nos chouchous de 2007 se retrouvent dans cette sélection, et c'est bien naturel. Ne pas les y retrouver nous aurait pour le coup bien surpris, et déçus.
Deux absents cependant, qui manquent beaucoup à JC : "Les Gardes-Fous" de Bézian (un polar noir, intense et bien ficelé, un huis-clos savoureux, à l'ambiance prenante, une BD au graphisme saisissant)
et "Big Foot", de Nicolas Dumontheuil,
(un western hors norme, déjanté, passionnant et très divertissant) , dont le tome 1 a déjà fait l'objet d'un article dans ce blog, et dont le deuxième tome vient de paraître (JC en a d'ailleurs fait une chronique sur BD sélection.)
Nous vous proposons de revenir sur quelques une des excellentes BD qui sont nominées pour l'Angoulème 2008. Qui sait, cela vous donnera peut-être envie de relire celles que vous connaissez déjà, ou d'offrir celles que vous ne connaissiez pas pour le Noël à venir...
Quelques mots déjà sur des BD qui ont fait l'objet d'articles dans ce blog : coups de coeur de l'un d'entre nous ou de nous deux réunis, ce sont toutes des indispensables que nous ne pouvons que vous encourager à découvrir et à déguster :
"Amer Beton" (l'intégrale)
de Taiyo Matsumoto
"Chaque Chose"
de Julien Neel
"R.G"
de Peeters et Dragon
"L'éléphant"
de Isabelle Pralong
"Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill"
de Jean Regnaud et Emile Bravo
"La Vie Secrète des Jeunes"
de Riad Sattouf.
Pour chacune de ces BD, nous vous invitons à cliquer sur leur titre pour retrouver les articles que nous leur avions dédiées, afin d'en savoir plus, et qui sait, vous donner l'eau à la bouche...
Enfin, voilà d'autres opus tout aussi excellents :
"Acme Novelty Library", de Chris Ware
Oeuvre d'art avant tout, cette nouvelle sortie de Chris Ware est à déconseiller aux néophytes et aux amateurs de BD dites "classiques".
Ici, tout est déroute. Les BD présentées sont de taille diverses (une mini BD figure même sur la tranche de ce volume !!), et la construction narrative labyrinthique.
Chris Ware est un fou. C'est à dire un véritable génie, qu'il est difficile de suivre. Mais pour les amateurs d'ovnis, de beaux livres, d'exploration artistique ludique et intelligente, pour tout amateur de talent d'avant garde, cet opus est une merveille, un volume éblouissant. Comme tout ce que Chris Ware crée, d'ailleurs.
"L'Autre Fin du Monde"
de Ibn Al Rabin
Un volumineux roman graphique surprenant et passionnant de 1120 pages, qui se dévore littéralement ! Une réflexion à la fois drôle et émouvante sur l'amour et la mort...
Pour en savoir plus, je vous invite à lire la chronique de JC sur le site BD sélection...
"Death Note"
de Takeshi Obata et Tsugumi Ohba
Certainement l'un des mangas les plus intéressants du moment, avec une intrigue à tiroirs prenant constamment le lecteur à contre-pied. "Death Note" est un vrai régal de scénario alambiqué, et l'on se perd avec délice dans les méandres de ce thriller psychologique.
"Construire un feu" de Christophe Chabouté
Cette BD est inspirée d'une nouvelle de Jack London. Dans le grand Nord canadien, un homme voyage avec son chien, au mépris du froid qui régit tout, dans des paysages immenses et gelés. C'est le temps d'une énième ruée vers l'or, un temps où des hommes affrontent des terres inconnues à la recherche d'un eldorado, de la fortune qui changera leur vie.
Comme toujours chez Chabouté, le graphisme est époustouflant. C'est beau ! Personne ne peint le froid et la neige comme ça. Un véritable régal pour les yeux. En revanche, moins d'enthousiasme concernant l'intrigue, finalement cousue de fil blanc. Mais peu importe. L'ambiance solitaire et silencieuse, le thème de la vanité de l'homme et celui de sa vulnérabilité face à une nature indomptable, sont traités avec brio.
"Ile Bourbon 1730"
de Appollo et Lewis Trondheim
Qui l'eut cru ? Trondheim, cet auteur à l'humour absurde et décapant s'attaque, aux côtés du scénariste Appollo, à la BD historique. Tous deux renouvellent ainsi avec talent un genre jusque-là figé et ennuyeux. Roman d'aventure avant tout, cette histoire qui se passe à la Réunion à l'époque des pirates, cette BD dynamique, captivante, est à lire absolument.
"Trois Ombres", de Cyril Pedrosa
Le petit Joachim vit auprès de ses parents, dans la joie et l'insouciance, au sein d'une nature charmante... Mais un jour, trois ombres, trois mystérieux cavaliers, apparaissent à l'horizon et viennent troubler cette existence harmonieuse... Conte initiatique, cette BD aborde avec une infinie délicatesse et beaucoup de poésie la mort douloureuse d'un enfant.
Coup de coeur absolu de cette fin d'année, pour nous deux, cette BD ne peut à notre avis repartir d'Angoulème sans un prix, tant elle est superbe. D'un point de vue graphique, d'abord, les dessins raviront tous les publics. D'un point de vue scénaristique également, tant l'intrigue est prenante. La poésie, le mystère, la beauté et la tendresse qui se dégagent de cette BD sont autant d'atouts pour en faire un incontournable, toutes catégories confondues. Une grande et inoubliable BD.
Bien sûr, beaucoup d'autres titres sont aussi présents. Les nouveaux Peter Bagge, qui vient d'arriver en librairie et dont le précédent opus avait été un vrai régal, Jason, Joe Matt, Ludovic Debeurme, David B., j'en passe et des meilleurs, seront aussi de la fête.
On ne peut donc que se réjouir de tout ce beau monde, mais on peut aussi être surpris par la présence de Jérôme Bloche, par exemple, du XIII dessiné par Giraud ou encore d'un Donjon Parade sympathique mais assez mineur.
Ne nous réjouissons pas trop vite donc. Attendons de voir quels titres de la sélection seront honorés avant de réellement nous prononcer sur la réussite de ce nouveau cru. Mais c'est pleins d'espoir que nous attendons la liste des prochains lauréats, sachant que devant la multitude de titres sélectionnés qui nous tiennent à coeur, il serait vraiment dommage d'être déçus.
Par Sophie et JC
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Publié dans : BD
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